Frank Hamerlinck, CEO de FTI, fait le point après ses 100 premiers jours. Découvrez sa vision de l’accès aux données, du potentiel d’innovation et du rassemblement des Forward Thinkers
Beaucoup d’entre vous se souviennent sans doute du film de fantasy épique Le Hobbit : Un voyage inattendu, dans lequel Bilbo Baggins est entraîné dans une aventure par le magicien Gandalf. Ce sentiment de Bilbo, celui de s’aventurer dans l’inconnu, je le comprends aujourd’hui. Au cours de ces 100 derniers jours comme CEO de FTI (Flanders Technology & Innovation), j’ai mené ma propre quête inattendue, en explorant une nouvelle voie professionnelle passionnante.
Après avoir quitté ma fonction précédente en février de cette année, j’avais prévu une pause sabbatique pour réfléchir à la suite –me consacrer pleinement à @Miles Ahead, le venture builder dont je suis partenaire, ou lancer une nouvelle entreprise. La Route 66 était ma destination idéale pour cette pause : elle figurait depuis longtemps sur ma bucket list et j’avais hâte de découvrir une partie des États-Unis que je ne connaissais pas. Mais début mars, j’ai reçu un appel de FTI. Il m’a pris au dépourvu, car je m’étais surtout consacré jusque-là à des projets entrepreneuriaux, pas aux relations avec les grandes entreprises et les pouvoirs publics.
Sentir les bonnes vibrations…
Le mois de mars était aussi celui des FTI Festivals, qui ont présenté l’innovation à un large public. J’ai saisi l’occasion pour assister à un maximum d’événements et j’ai été frappé par cette énergie transformatrice. Elle m’a rappelé l’incroyable potentiel de notre région. Saviez-vous que nous sommes en tête avec 1,06 start-up pour 1.000 habitants ; devant nos pays voisins et même devant des hubs de start-up réputés comme les États-Unis et Israël ?
La Flandre possède un écosystème entrepreneurial dynamique mais, d’après mon expérience, le passage de start-up à scale-up est difficile. Trouver les 100 premiers utilisateurs d’une nouvelle solution va vite, mais le vrai défi, c’est de passer à l’échelle. Pour avoir travaillé dans des entreprises américaines et françaises, j’ai vu de mes propres yeux à quel point la fierté pour la tech locale et le soutien aux talents régionaux peuvent faire toute la différence pour les entreprises émergentes. En Flandre, nous devrions être tout aussi fiers de notre potentiel technologique. C’est cette idée qui m’a donné envie de rejoindre l’aventure FTI.
Cela dit, je sais que les bonnes vibrations ne suffisent pas. FTI est une marque forte, qui a la confiance du marché et s’appuie sur une puissante ‘fellowship’ de partenaires. Pas moins de huit acteurs majeurs – Brussels Airport Company, Cegeka, COI vzw, De Cronos Groep, KBC, Proximus, Telenet et le gouvernement flamand – se sont réunis pour faire avancer la mission de FTI : faire grandir une community florissante de Forward Thinkers, où les données, les connaissances et les idées circulent librement – pour nourrir des collaborations audacieuses qui façonnent l’avenir et font progresser notre société. Ce groupe de Forward Thinkers s’agrandit à l’heure où j’écris ces lignes.
La position solide de FTI, combinée à une mission qui me parle profondément, m’a convaincu d’accepter le rôle de CEO. J’ai hâte d’avoir un impact direct en aidant FTI à atteindre ses objectifs à long terme.
Tout au long de ma carrière, mes entreprises ont tourné autour des données, de l’AI et de l’innovation. Il est clair que l’AI est cruciale pour notre bien-être et notre prospérité futurs. Mais sans données accessibles, le potentiel de l’AI reste inexploité — et c’est là que réside le vrai défi.
Nous faisons face à une ‘colonisation des données’, dans laquelle des entreprises étrangères contrôlent nos données. L’Europe avance dans la protection de nos données, ce qui est important, mais cela complique aussi l’accès des talents locaux aux données nécessaires pour innover et créer des applications révolutionnaires. Les start-up et les entreprises tech peinent souvent à obtenir des ressources et un accès aux marchés (y compris aux données), tandis que les corporates et les pouvoirs publics n’exploitent peut-être pas pleinement la force d’innovation qu’apportent les start-up. Avec le bon soutien, nous pourrions libérer un potentiel énorme et créer quelque chose qui ait un véritable impact pour tous. Pour l’instant, pourtant, on a le sentiment qu’une grande partie de ce potentiel reste sur la table.
À l’approche d’un moment charnière pour l’AI, il est important de libérer nos données (au lieu de les mettre sous clé) et de les exploiter efficacement pour garder une longueur d’avance. Si nous ne sommes pas en tête dans des domaines de l’AI comme les large language models, nous avons un potentiel considérable dans des domaines prometteurs tels que le secure multi-party computing et le federated learning. Ces domaines nous offrent de belles occasions d’avoir un impact significatif et de continuer à jouer un rôle important dans un paysage de l’AI en pleine évolution.
Les actionnaires de FTI s’engagent à bâtir une community unie qui libère les données et s’attaque aux défis de société. Cette community réunit des fournisseurs de données, des utilisateurs de données et des spécialistes de l’AI issus de corporates, de PME, de start-up et d’organismes publics — tous alignés en tant que Forward Thinkers conscients de la valeur du partage de données. FTI est aussi un vaste mouvement qui implique les citoyens à travers des initiatives de science citoyenne (cf. ‘CurieuzeNeuzen’).
Durant mes 100 premiers jours comme CEO, je me suis attaché à évaluer le marché, à nouer des relations, à façonner la stratégie et à planifier la route à suivre – même les voyages les plus inattendus ont besoin d’une feuille de route solide pour réussir ! Dans les mois à venir, je travaillerai avec la formidable équipe de FTI pour donner vie à ces plans. Alors, restez à l’écoute sur mes réseaux sociaux. J’y partagerai régulièrement des nouvelles et des étapes clés à mesure que nous avancerons dans ce voyage passionnant.
Et si vous êtes déjà curieux, prenez contact ! Je serais ravi de discuter autour d’un café de FTI, de ses opportunités, et même de la Route 66, puisque j’ai tout de même réussi à caser un voyage de trois semaines cet été !