Analyses
2 décembre 2024

Blog du CEO - Pourquoi l’Europe doit prendre la tête du Secure Multiparty Computing

Découvrez pourquoi l’Europe doit prendre la tête du Secure Multiparty Computing pour lutter contre la colonisation des données.

Blog du CEO - Pourquoi l’Europe doit prendre la tête du Secure Multiparty Computing

Blog du CEO - Pourquoi l’Europe doit prendre la tête du Secure Multiparty Computing

La semaine dernière, j’ai eu une conversation passionnante avec Pedro Matthynssens sur l’importance de l’AI et sa dépendance à la disponibilité de bonnes données. Je lui ai raconté qu’à l’époque où je travaillais chez NGDATA, il y a une dizaine d’années, nous n’avions pas accès à des jeux de données belges ou européens pour entraîner des modèles d’AI. Nous nous rabattions sur des jeux de données américains, souvent fournis par des plateformes comme Kaggle.com. À l’époque déjà, la valeur de telles plateformes était évidente – Google a racheté Kaggle en 2017. Malheureusement, peu de choses ont changé depuis. Pedro a évoqué une chronique qu’il a écrite pour Trends plus tôt cette année à propos de la thèse de doctorat d’un ami proche. Cette thèse reposait une fois de plus sur des données américaines, et cet ami docteur travaillera pour une entreprise américaine. Ce problème freine sérieusement l’innovation et provoque une fuite des cerveaux.

Reprendre le contrôle

Ce problème dépasse largement l’expérience personnelle de Pedro ou la mienne. Il touche au cœur de notre façon de traiter les données en Europe. Les leaders de l’AI, les États-Unis et la Chine, dominent la course à l’AI avec d’immenses data lakes, en ignorant souvent les questions de vie privée. Nos règles strictes en matière de vie privée protègent les citoyens, mais peuvent aussi freiner la prise de décision, la collaboration et l’innovation. On avait coutume de dire : les États-Unis innovent, la Chine imite et l’Europe régule. Malheureusement, alors que la Chine a compris qu’elle devait changer de stratégie et innove à un rythme incroyable, l’Europe n’a pas fondamentalement modifié sa politique.

Dans le même temps, les organisations européennes doivent parfois s’appuyer sur des plateformes de géants technologiques non européens, faute de disposer de la technologie et de la puissance de calcul nécessaires pour rester innovantes. C’est ainsi que nos données peuvent se retrouver entre des mains étrangères – ou, en d’autres termes, que ‘les données sont colonisées’.

L’Europe est à la croisée des chemins. Allons-nous continuer à dépendre de plateformes externes – comme Kaggle – au risque d’aggraver la colonisation des données, ou allons-nous prendre le ‘contrôle’ ? En investissant dans des technologies qui nous permettent d’utiliser et d’analyser des données provenant de différentes sources, et d’en tirer des enseignements, sans en transférer la propriété, nous pouvons lutter contre la colonisation des données et faire en sorte que l’Europe ne se contente pas de participer au jeu mais en fixe les règles. C’est là qu’interviennent le Secure Multiparty Computing (SMPC) et le Federated Learning.

Une occasion unique d’innover

Alors que le marché des LLM est déjà fortement dominé, celui du SMPC reste bien moins encombré et offre davantage d’opportunités.

Comme les autres régions ont actuellement moins besoin des technologies SMPC et Federated Learning, l’Europe a la possibilité de prendre l’avantage et de développer des compétences uniques dans ce domaine.

Le SMPC et le Federated Learning permettent aux organisations de collaborer à partir de données sans jamais les partager ni les transférer entre les parties. Avec la technologie SMPC, les données restent chez leur propriétaire d’origine, mais des fragments chiffrés peuvent être utilisés collectivement pour effectuer des calculs ou des analyses. Chaque partie ne voit que le résultat, pas les données des autres. Le Federated Learning, de son côté, permet d’entraîner des modèles d’AI localement au sein de plusieurs organisations. Seuls les apprentissages (et non les données brutes) sont partagés pour améliorer le modèle global.

Ces deux technologies donnent la priorité à la confidentialité et à la propriété des données : elles réduisent les risques tout en rendant possible l’innovation par la collaboration.

L’Europe en pionnière

Flanders Technology & Innovation construit une community européenne de Forward Thinkers qui fourniront des jeux de données et/ou auront accès à une plateforme utilisant les technologies SMPC et Federated Learning pour libérer, partager et valoriser les données en toute sécurité. Un Kaggle européen, en quelque sorte.

Nous voulons même aller plus loin. En plus de fournir un environnement sécurisé, nous voulons développer de l’expertise et des compétences et soutenir les entreprises innovantes actives dans ce domaine. C’est un domaine jeune et complexe, et investir dans le SMPC et le Federated Learning est donc un effort de longue haleine, mais l’impact potentiel est énorme. En investissant aujourd’hui, nous construisons un avenir où l’Europe n’est pas dépendante, mais leader.

Ne pensez-vous pas qu’il est grand temps que l’Europe reprenne le volant de son propre avenir ? Non pas en suivant, mais en ouvrant la voie.

Convaincu ? Alors découvrez notre community de Forward Thinkers et contribuez à bâtir un avenir européen des données solide, où nous pourrons vraiment faire la différence.

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